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Moments d'invention : Retour sur une rencontre

Published on 13 October 2016 by Yann with tags agile world cafe

Les 29 et 30 septembre derniers, je participais à #momentsdinvention à la Grande Halle Renaissance à Nancy, un événement qui a réuni plus de 500 personnes pour la plénière et près de 250 personnes pour les ateliers.

 

De quoi ça parle, Moments d’Inventions?

L’ambition de ces deux jours était, au travers de la mise en oeuvre d’une intelligence collective, de tenter de répondre à deux questions :

  • « L’humanisme numérique » constitue-t-il un facteur de progrès pour l’homme ou un appauvrissement de son humanité ?
  • Peut-on, au regard de la révolution numérique en cours et à l’échelle métropolitaine, (ré)inventer une nouvelle politique du partage et de l’audace ?

L’agenda des deux journées

Après une plénière à 5 voix (6 avec le mot du Président de la Métropole) sur les thèmes de l’humanisme numérique, de l’intelligence collective et des communs, plus de 200 personnes ont été invitées à produire des idées en participant à un world café structuré en trois phases (Enjeux, Paradoxes et Perspectives) et en quatre thèmes :

  • Croisements fertiles / vers une nouvelle intelligence collective ?
  • Nouvelles attentions / vers de nouveaux modèles d’initiatives locales ?
  • Démocratie vivante / vers un nouveau contrat citoyen ?
  • Savoirs partagés / vers un nouvel imaginaire métropolitain ?

A proximité de ces échanges, un collectif de 18 artistes offrait son interprétation singulière et poétique de la thématique.

Un parcours en trois temps

Pour ma part, j’ai participé au parcours “Croisements fertiles”. Chaque temps du parcours (Enjeux, Paradoxes, Perspectives) s’est déroulé comme suit :

  • un intervenant présente un concept censé susciter des questionnements de la part du groupe,
  • à chaque questionnement est attribué une table de 4 à 5 personnes parmi lesquelles on désigne un référent
  • toutes les 10 minutes les participants sont invités à changer de table, sauf le référent qui reste à la table et ne change donc pas de question
  • quand tous les participants ont contribué à chacune des questions, les référents exposent une synthèse des discussions autour de chacune des questions posées initialement
  • un poster est créé à partir des productions du groupe pour permettre la mise en commun au niveau de l’événement tout entier.

Focus sur ma participation

Enjeux

Dans mon groupe, le concept proposé pour le temps “Enjeux” était “la capacitation”, présenté par Samuel Nowakowski, enseignant chercheur en humanités numériques. L’intervenant nous a proposé de nous questionner sur les traces que tout un chacun laisse lors de son utilisation d’internet et nous propose de les réinvestir, à la manière des hackeurs.

Les discussions ont porté sur les outils qui interagissent avec nous, le prix à payer pour utiliser “gratuitement” certains services, le fait que nous ne sommes pas forcément informés de la captation de nos traces, le fait que certains sont consentants et que d’autres non pour l’utilisation de ces données.

Paradoxes

Pour le temps “Paradoxes”, Véronique Cortier, directrice de recherche au CNRS, a évoqué avec nous le paradoxe des données et l’a illustré avec le cas particulier du vote électronique.

Les discussions ont porté ensuite sur la sécurité, l’exploitation de nos données personnelles à des fin marketing ou malveillantes, ainsi que sur la mainmise des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) tant sur les données que sur les capacités de calcul pour les exploiter.

Perspectives

Le temps “Perspectives” a été lancé à plusieurs voix par Valérie Peugeot, chercheuse à Orange Lab, Amandine Piron pour le projet Colporterre et une dernière personne représentant l’association Ars Industrialis.

Tous trois nous ont parlé du commun de la connaissance, de la mise en partage des savoirs, ainsi que des lieux à inventer pour que la production et le partage de ces communs puissent se réaliser.

Les deux derniers intervenants ont insisté sur le fait que tout ceci ne pouvait rester numérique, qu’il y avait besoin de rencontres physiques entre les membres des communautés, et qu’il était nécessaire d’avoir des facilitateurs sans qui ces dynamiques ne pourraient être pérennes.

Restitution

Les résultats de ces deux journées d’échanges feront l’objet d’une publication par les organisateurs.

Conclusion

Mon bilan personnel est très positif dans le sens que l’intelligence collective a fonctionné à merveille, alors que sur le papier, faire contribuer des personnes venant d’horizons différents, et appartenant parfois à des générations différentes, aurait pu faire peur ! Et là, le format “world café” a super bien fonctionné.

Particulièrement sensible aux dispositifs de facilitation, j’ai d’abord joué le rôle d’un participant qui change de table sur le temps “Enjeux” et sur le temps “Perspectives”, puis j’ai joué le rôle de référent de table et de rapporteur sur le temps “Paradoxes”.

Et le résultat de ce brassage humain est vraiment d’une richesse et d’une bienveillance qui sont très prometteuses pour l’avenir de la cité et la contribution citoyenne souhaitée par tous au cours de ces deux journées.

 

Ces deux journées en quelques tweets

Ouverture de la plénière par Monsieur André Rossinot, Président de la Métropole du Grand Nancy.

Intervention de Milad Doueihi, philosophe : “Que devient l’humanisme à l’ère du numérique ?”

Milad Doueihi nous décrit l’avènement du numérique comme une modification spatiale : l’homme architecte se retrouve confronté au mouvement. Le contexte, c’est aujourd’hui la localisation qui nous le donne. Le matérialisme numérique nous fait passer de la notion d’identité à celle de données personnelles, ce qui nous renvoie au statut de l’humain et à la question de son autonomie.

Intervention de Victoire de Margerie, PDG de Rondol : “Retours d’expérience du “World Material Forum” comme exemple de nouvelle intelligence technologique”.

“Pour régler des problèmes compliqués, on a besoin de l’intelligence collective.”

Intervention d’Emile Servan-Schreiber, PDG d’Hypermind : “Que peut l’intelligence collective ?”

Peut-on mesurer le Q.I. d’un groupe ?

Le MIT et l’université Carnegie Mellon ont répondu que oui. Mais d’où vient l’intelligence du groupe ? Son intelligence réside dans la proportion de femmes dans le groupe !

“L’intelligence collective doit encourager la confrontation plutôt que le conformisme”.

E Servan Schreiber

Intervention de Dorte Nielsen, Eurocities : “Les citoyens créatifs à l’échelle des grandes cités européennes-Eurocities”

Intervention de Michel Bauwens, Président de la P2P Foundation : “Les fondements du “peer-to-peer” ou ce que commun veut dire ?”

Michel Bauwens nous parle de la notion de “cosmo-local”, ou l’on globalise les savoirs et l’on (re)localise les productions, et la nécessité de passer d’un système “Capital-Etat-Nation” à un système “Communs-Marché éthique-Etat partenaire”.

Lancement des ateliers contributifs sous forme de “world café”.

Et au milieu des ateliers, des artistes.

Clôture des ateliers après le parcours d’idéation en trois phases : Enjeux, Paradoxes et Perspectives.

Les artistes prennent le relais.

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